Lorsque je parle de mes projets de commissariat d’exposition artistique, je ne peux m’empêcher de penser au mythe romain de Cura: la divinité qui façonne l’être humain avec l’argile, sans prétendre le posséder, mais en l’accompagnant tout au long de sa vie.
C’est cette image qui anime mon travail.
J’ai commencé à m’occuper de commissaiat d’exposition en 2021 lorsque, sur proposition de la vidéaste contemporaine Claudia Quintieri, je me suis engagée à organiser sa première exposition personnelle : un parcours à forte empreinte spirituelle, que j’ai conçu avec passion dans les moindres détails. Toutefois, à mon profond regret, l’exposition n’a jamais eu lieu, faute de financement.
Depuis, j’ai choisi de me consacrer surtout à des artistes émergents ainsi qu’à d’autres déjà confirmés, mais restés en marge de la critique, à un moment historique où l’art est souvent devenu l’apanage d’un marché qui privilégie l’impact immédiat, les effets spéciaux et les lumières psychédéliques plutôt que le style et la profondeur du contenu.
Ma sélection suit mon intuition et mon ressenti le plus profond : je m’intéresse à celles et ceux qui, à travers leurs recherches, touchent à des questions essentielles sur l’être humain, le corps, le temps, la fragilité et sa surprenante capacité de transformation et d’évolution.
Je ne cherche pas à imposer un parcours, mais à « prendre soin » du processus créatif : écouter, observer, créer les conditions pour que l’âme de l’artiste puisse se révéler, d’abord à elle-même puis aux autres. Je crois que la tâche d’un commissaire d’exposition n’est pas seulement d’organiser une exposition, mais d’accompagner un cheminement: celui de l’artiste, du public et de toute personne qui désire apprendre à voir – et à se voir – à travers l’art.
Les expositions qui suivent sont quelques-unes des expériences nées de cette manière de concevoir le soin.



